Le secrétaire général de la commission bancaire de l’Afrique centrale, a été reçu en audience le 30 juin 2025 par Louis Paul Motaze, Ministre camerounais des Finances. Une visite qui a suscité une certaine curiosité étant donné qu’elle intervient dans un contexte marqué par la rhétorique entre d’une part le gouvernement à travers le caisse des dépôts et consignations voire le secrétariat général de la présidence de la République et d’autre part les autorités de la banque centrale.
Selon Marcelle ONDELE, les récentes correspondances et circulaires concernant le transfert des avoirs en déshérence à la CDEC ne sont pas des signes de désaccord, mais plutôt des mesures de clarification et de coordination : « l'autorité bancaire que nous incarnons doit s'intéresser à la problématique de stabilité financière au niveau de la sous-région, ainsi qu’à la protection de l'épargne…C'est une question qui n'est pas polémique c'est juste pour savoir quelle est la capacité et la possibilité de supervision des caisses de dépôt et consignations. Comme vous le savez, elles participent à l'évolution du système financier de la sous-région avec la stabilité du système financier qui est notre devoir ».
Aussi a-t-il ajouté : « Il s'agit d'une discussion, nous devons avoir une plateforme de discussion pour savoir quelle est la bonne manière de procéder. Que ce soit les établissements bancaires, les défenseurs des consommateurs des services financiers, les États ou encore les acteurs que sont les CDEC. Il est toujours important d'avoir cette discussion. Si vous vous intéressez à cette matière vous verrez qu'il y a toujours eu ce genre de discussion dans les pays comme la France ou le Maroc qui ont eu à superviser leurs CDEC…».

En rappel, La Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC), par la personne de son DG, a participé le 15 avril 2025, à la troisième et dernière réunion du Groupe de travail mis en place par le Gouverneur de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC), à l'effet d'examiner la question de la supervision des activités des Caisses des Dépôts et Consignations (CDC). Dans un communiqué, la CDEC a expliqué qu'aucun consensus ne s'est dégagé entre, d'une part, la BEAC et la COBAC, qui souhaitent assimiler le service public des dépôts et consignations aux opérations de banque pour imposer une supervision totale des CDC et, d'autre part, les deux Caisses des Dépôts et Consignations en activité dans la zone CEMAC (Gabon et Cameroun), dont la position constante et harmonisée est de limiter la supervision aux seules opérations de banque résiduelles exercées par les CDC, dans le cas où elles n'auraient pas créé de filiales à cet effet.
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