CEMAC | FINANCE CLIMATIQUE : Le Gouverneur Yvon SANA BANGUI annonce le verdissement du guichet B de la BEAC 


Par la rédaction I


Yvon SANA BANGUI a dévoilé la stratégie d'innovation de la BEAC et de la COBAC au cours de son intervention le 5 novembre 2025 en qualité de panéliste à un webinaire de haut niveau sur le thème : « Quel rôle pour les banques centrales et les superviseurs bancaires dans la lutte contre le changement climatique ? ».  

Pour répondre à l'impact direct des chocs climatiques (inondations, désertification) sur l'inflation et les réserves de change de la zone, le Gouverneur SANA BANGUI a annoncé une innovation majeure dans le cadre opérationnel de la politique monétaire de la BEAC : la Réforme du Guichet B. 

La BEAC travaille, apprend-on, à réactiver et à verdir son Guichet B du marché monétaire pour en faire un « Guichet Vert ». Ce mécanisme vise à orienter les liquidités de la Banque Centrale vers le financement de projets d'investissement à faible empreinte carbone et résilients aux chocs climatiques. Ce dispositif reposera sur l'application de décotes différenciées aux actifs éligibles comme collatéral, favorisant ainsi les prêts bancaires destinés aux secteurs les plus durables et les moins exposés aux risques climatiques.

L'intervention du Gouverneur SANA BANGUI a été l'occasion de présenter les mesures concrètes et novatrices que la BEAC et la Commission Bancaire d'Afrique Centrale (COBAC) mettent en œuvre pour garantir la stabilité monétaire et financière de la zone CEMAC face à la recrudescence des risques climatiques. Le Gouverneur a souligné l'impact direct des chocs climatiques (inondations, désertification) sur l'inflation et les réserves de change de la zone. 

RISQUES CLIMATIQUES COMME RISQUES FINANCIERS

En sa qualité de Président de la COBAC, le Gouverneur de la BEAC a réaffirmé que les risques climatiques sont désormais formellement reconnus comme des risques financiers à part entière (risques de crédit, de marché, opérationnels et de liquidité) dans le cadre prudentiel de la sous-région. 

L'accent a été mis sur le déploiement imminent de deux chantiers cruciaux. D'une part, la COBAC prépare activement l'intégration des Stress Tests Climatiques (S.T.C.) dans ses exercices de stress tests micro et macro-prudentiels. Ces tests seront spécifiquement adaptés aux scénarios de vulnérabilité propres à la CEMAC pour évaluer la résilience du système bancaire sur des horizons temporels variés. D'autre part, un engagement fort a été pris pour le renforcement des capacités des équipes de supervision aux techniques d'analyse climatique et pour l'intensification de la coopération internationale (notamment avec le Réseau des Banques Centrales et Superviseurs pour le Verdissement du Système Financier - NGFS).

Le Gouverneur SANA BANGUI a enfin insisté sur le rôle de catalyseur de stabilité que la BEAC et la COBAC entendent jouer : « Notre rôle est d'utiliser nos leviers monétaires et prudentiels pour inciter les acteurs financiers à devenir des partenaires actifs de la résilience et de la transition durable dans la zone CEMAC », a-t-il déclaré. Cette participation de haut niveau confirme l'engagement de la BEAC à intégrer les meilleures pratiques internationales tout en développant des solutions adaptées aux réalités économiques et climatiques de l'Afrique Centrale. L'événement, co-organisé par la Banque de France et la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (FERDI), s'est déroulé dans les locaux de la Banque de France à Paris.


Pour rappel, La Banque des Etats de l’Afrique Centrale accueille du 23 au 28 novembre 2025 à Yaoundé, le symposium annuel de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA) autour du thème : « Les changements climatiques et la stabilité macroéconomique : rôle des banques centrales ». Il s’inscrit dans le cadre des réunions annuelles 2025 de l’ABCA. Les travaux ont pour but  d’approfondir les réflexions sur les enjeux environnementaux et économiques de l’Afrique en renforçant par la même occasion, la coordination des politiques monétaires face aux défis climatiques.