AMLFT | LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT : Pourquoi le Cameroun, la Côte d'Ivoire et la RDC restent sur liste grise ?


Par Dr ZOGO |


La quatrième réunion plénière du Groupe d’action financière (GAFI) sous la présidence mexicaine d’Elisa de ANDA MADRAZO s’est conclue à Paris, le 24 octobre 2025. Les raisons pour lesquelles ces juridictions restent étroitement surveillées sont connues...

POUR CE QUI EST DU CAMEROUN 

Selon le GAFI, depuis juin 2023, date à laquelle le Cameroun s'est engagé politiquement à haut niveau à travailler avec le GAFI et le GABAC pour renforcer l'efficacité de son régime de LBC/FT, le Cameroun a pris des mesures pour améliorer son régime de LBC/FT en mettant en place un mécanisme visant à promouvoir la coordination et la coopération interinstitutionnelles en matière de LBC à un niveau opérationnel. Le Cameroun devrait continuer à travailler à la mise en œuvre de son plan d'action pour remédier à ses défaillances stratégiques, notamment en :

  1. renforçant le contrôle des banques sur la base des risques et en mettant en œuvre un contrôle efficace fondé sur les risques pour les IF non bancaires et les EPNFD, et en menant une action de sensibilisation appropriée auprès des IF à haut risque et des EPNFD ;
  2. renforçant l'échange sécurisé d'informations entre la CRF, les entités déclarantes et les autorités compétentes et en démontrant une augmentation de la diffusion des rapports de renseignement pour soutenir les besoins opérationnels des autorités compétentes ;
  3. démontrant que les autorités sont en mesure de mener un éventail d'enquêtes sur le blanchiment d'argent et de poursuivre le blanchiment d'argent conformément aux risques ;
  4. mettant en œuvre des politiques et des procédures pour saisir et confisquer les produits et les instruments du crime et gérer les biens gelés, saisis et confisqués, et en donnant la priorité à la saisie et à la confiscation des avoirs à la frontière ; et en
  5. démontrant la mise en œuvre efficace des régimes de SFC liées au FT et au FP et en mettant en œuvre une approche fondée sur les risques à l'égard des OBNL sans perturber leurs activités légitimes.

Le GAFI note les progrès continus du Cameroun dans l'ensemble de son plan d'action, cependant toutes les échéances ont expiré et du travail reste à faire. Le GAFI encourage le Cameroun à poursuivre la mise en œuvre de son plan d'action afin de remédier aux défaillances stratégiques mentionnées ci-dessus le plus tôt possible.

 

POUR CE QUI EST DE LA COTE D'IVOIRE

Depuis octobre 2024, date à laquelle la Côte d’Ivoire s'est engagée politiquement à haut niveau à travailler avec le GAFI et le GIABA pour renforcer l'efficacité de son régime de LBC/FT, la Côte d’Ivoire a pris des mesures pour améliorer son régime de LBC/FT en renforçant l’utilisation de la coopération internationale dans les enquêtes et poursuites en matière de BC/FT ; en menant des actions de sensibilisation pour améliorer le respect des obligations LBC/FT ; en améliorant la vérification et l’accès aux informations sur les bénéficiaires effectifs des personnes morales et en sanctionnant les manquements ; et en renforçant la mise en œuvre de son régime de sanctions financières ciblées. La Côte d’Ivoire devrait continuer à travailler à la mise en œuvre de son plan d'action pour remédier à ses défaillances stratégiques, notamment en :

  1. améliorant la mise en œuvre du contrôle fondé sur le risque des institutions financières et des entreprises et professions non financières désignées;
  2. renforçant l'utilisation des renseignements financiers par les autorités chargées des enquêtes et poursuites et améliorer la diffusion par la CRF ; et 
  3. démontrant une augmentation soutenue du nombre d'enquêtes et de poursuites en matière de BC/FT de différents types, conformément au profil de risque du pays.

 

POUR CE QUI EST DE LA RDC

 

Depuis octobre 2022, date à laquelle la RDC s'est engagée politiquement à haut niveau à travailler avec le GAFI et le GABAC afin de renforcer l'efficacité de son régime de LBC/FT, la RDC a pris des mesures visant à améliorer son régime de LBC/FT, notamment en renforçant les capacités de ses autorités compétentes chargées des enquêtes et des poursuites en matière de financement du terrorisme par une formation accrue et des ressources supplémentaires ; et en remédiant aux défaillances techniques précédemment identifiées concernant les Recommandations 6 et 7 du GAFI.. La RDC devrait continuer à travailler à la mise en œuvre de son plan d'action du GAFI afin de remédier à ses défaillances stratégiques, notamment en :

  1. élaborant et en mettant en œuvre un plan de contrôle fondé sur le risque ;
  2. en identifiant et en enquêtant sur les activités de FT conformément à ses risques; et
  3. démontrant une mise en œuvre efficace des SFC liées au FT et au FP.

Le GAFI note les progrès continus de la RDC dans l'ensemble de son plan d'action, cependant toutes les échéances ont expiré et du travail reste à faire. Le GAFI encourage la RDC à poursuivre la mise en œuvre de son plan d'action afin de remédier aux défaillances stratégiques mentionnées ci-dessus le plus tôt possible.