Représentant plus de 200 juridictions et observateurs, les délégués du réseau mondial du GAFI ont participé à 3 jours de discussions en France. Objectif, traiter des questions clés dans la lutte contre le financement illicite pour continuer d’inclure de nouvelles juridictions et mieux prendre en compte les spécificités régionales.
LE BURKINA FASO EN UEMOA RETIRE DE LA LISTE GRISE
La plénière de Paris a retiré le Burkina Faso, le Mozambique, le Nigéria et l’Afrique du Sud de la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance accrue, à la suite de l’achèvement de leurs plans d’action.
Selon le GAFI, « À la suite de visites sur place concluantes, (…) des progrès significatifs (y ont été) réalisés afin de remédier aux défaillances stratégiques en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération (LBC/FT/FP) précédemment identifiées lors de leur évaluation mutuelle. Ces juridictions ont achevé leur plan d'action dans les délais convenus et ne seront plus soumises au processus de surveillance accrue du GAFI. »
Tout comme le Nigéria et afin de maintenir les progrès réalisés dans leurs dispositifs LBC/FT/FP, le Burkina Faso est tout de même appelé à continuer de travailler avec leur organisme régional de type GAFI (ORTG), le GIABA.
Mis à part les pays sur liste noire, les pays soumis à une surveillance renforcée aux sortir du 24 octobre 2025, sont l’Algérie, l’Angola, la Bolivie, la Bulgarie, Haiti, le Kenya, Lao PDR, Liban, Monaco, Namibie, Népal, Sud Soudan, la Syrie, le Venezuela, le Vietnam, le Yemen mais aussi en Afrique Centrale, le Cameroun et la République Démocratique du Congo, en Afrique de l’Ouest, la Côte d'Ivoire.
LES INNOVATIONS DU GAFI D’OCTOBRE 2025
La plénière de Paris a approuvé de nouvelles lignes directrices exhaustives sur le recouvrement d’avoirs, qui aideront les pays à mettre en place des cadres efficaces pour combler les lacunes et recouvrer les produits du crime, y compris à l’échelle transfrontalière. Cela est considéré comme : « un élément essentiel pour réduire et perturber le blanchiment de capitaux et, en définitive, rendre le crime non rentable » explique le compte rendu de la plénière.
Il ressort en outre que le GAFI a également approuvé un nouveau rapport de veille stratégique (Horizon Scan), destiné à fournir aux secteurs public et privé, à l’échelle mondiale, des informations actualisées sur les risques liés au financement illicite que présentent l’intelligence artificielle (IA) et les hypertrucages (deepfakes).
Si ces nouvelles lignes directrices visant à remédier aux faibles niveaux de recouvrement des avoirs criminels à l’échelle mondiale seront publiées le mois prochain, la question de l’IA est autrement adressée.
Le nouveau rapport de veille stratégique (Horizon Scan), approuvé par le GAFI, met en garde contre les risques d’exploitation de l’intelligence artificielle générative, des agents IA et d’autres technologies émergentes par les criminels, tels que la fraude cybernétique facilitée par les hypertrucages ou encore le développement de chaînes de blanchiment automatisées à grande échelle. Selon le GAFI, ce rapport de veille stratégique présentera des études de cas destinées à aider les pays et le secteur privé à renforcer leurs dispositifs de protection et à exploiter l’intelligence artificielle de manière responsable pour se prémunir contre les activités criminelles.