CAMEROUN | CONFORMITE : Le cabinet DROIT MEDIAS FINANCE et la Cameroun Fintech Association (CFIA) ont organisé une formation sur la norme BEAC sur les préfinancements des rémittances, et sur la réforme à venir sur les services d'investissements


Par la rédaction | 


L'Instruction N°002/GR/2026 du Gouverneur de la BEAC, signée le 5 mai 2026, marque un tournant majeur pour la régulation des transferts d'argent entrants en Afrique centrale. Encadrant les mécanismes de préfinancement mobilisés par les fintechs avant le dénouement effectif des fonds, cette réforme a fait l'objet d'un décryptage stratégique lors d'un webinaire de référence organisé par la Cameroun Fintech Association (CFIA). L'ingénierie globale et la coordination scientifique de cet événement ont été orchestrées par le cabinet Droit Médias Finance (DMF), positionnant une fois de plus ce cabinet de conseil au cœur des grands débats de conformité financière en zone CEMAC.

Face à la complexification du paysage réglementaire, le secteur des envois de fonds et du paiement mobile exigeait un éclairage d'experts de premier plan. En confiant la structuration et la conduite opérationnelle de ce webinaire du 25 juillet 2026 à Droit Médias Finance (DMF), la CFIA a misé sur l'excellence académique et pratique d'un cabinet leader en conseil juridique et financier.

Pour animer ces travaux à haut niveau d'enjeu, DMF a mobilisé deux experts chevronnées de son réseau, Mme Danielle Koa et Mme Ngono, spécialistes reconnues de la conformité bancaire et de la régulation des services financiers. Grâce à cette maîtrise technique apportée par le cabinet, les cadres des fintechs et établissements de paiement ont pu appréhender en profondeur la portée de l'Instruction N°002/GR/2026, qui vient compléter le Règlement n°04/18/CEMAC/UMAC/COBAC.

VULGARISATION AUPRES DES ACTEURS 

Fidèle à la méthode de vulgarisation sans perte de rigueur prônée par Droit Médias Finance, l'explication de ce virage réglementaire s'est appuyée sur une analogie pédagogique parlante, celle du sac de riz. Lorsqu'un commerçant distribue son stock sur la simple promesse d'un paiement ultérieur, il fragilise sa trésorerie réelle au profit d'une créance incertaine. C'est précisément ce schéma que la BEAC entend corriger chez les fintech qui injectaient des FCFA locaux sur la base de simples notifications virtuelles de leurs partenaires internationaux, avant que les appareils correspondants n'intègrent réellement le circuit bancaire sous-régional.

Désormais, la ligne de conduite est ferme. C’est-à-dire que la valeur réelle en devises doit être bancarisée et rapatriée, avec preuve SWIFT à l'appui, avant toute distribution locale. Afin de sécuriser les flux et de préserver les réserves de change régionales, cette exigence impose aux opérateurs une refonte complète de leurs processus opérationnels sous peine de sanctions réglementaires.

Sous la modération experte des intervenantes pilotées par DMF, la séance de questions-réponses a permis d'apporter des réponses sur-mesure aux préoccupations opérationnelles des participants. Il en ressort qu'une fintech n'exécutant pas d'opérations de transfert de fonds n'est pas visée par ce texte spécifique, mais reste assujettie au cadre général du Règlement n°04/18 et du Règlement n°02/24 sur les relations financières extérieures. De même, les transferts transitant par le réseau GIMAC sont soumis aux nouvelles exigences dès lors qu'ils proviennent de l'extérieur de la zone CEMAC.

Enfin, les schémas de compensation nette entre filiales européennes recevant des euros et la distribution locale en FCFA sont strictement encadrés, le rapatriement bancaire préalable devenant une obligation juridique et financière incontournable.

Au-delà des contraintes opérationnelles, cette instruction réaffirme la souveraineté monétaire de la BEAC et sa volonté d'assurer la stabilité du Franc CFA. Si cette réforme implique des réajustements majeurs de trésorerie, de gouvernance et de relations avec les opérateurs de transfert d'argent, elle constitue également une opportunité stratégique. Comme l'ont rappelé les experts, la conformité ne doit pas être perçue comme un frein, mais comme le véritable socle de l'innovation. En sécurisant le cadre du marché, l'Instruction N°002/GR/2026 offre un terrain de croissance pérenne. Dans cette phase de transition réglementaire, les acteurs qui s'entourent de conseils juridiques et financiers avertis pour adapter leurs procédures en sortiront renforcées, transformant la contrainte de conformité en un avantage concurrentiel durable.