COTE D'IVOIRE | LUTTE CONTRE LE BLANCHIMENT : Un atelier stratégique de renforcement de capacités des Préfets de région sur le contrôle des OBNL
Détails
By ZOGO Willy
ZOGO Willy
Par DMF |
Le renforcement de la gouvernance et de la sécurité financière au sein des Organisations à but non lucratif (OBNL) franchit un nouveau cap en Côte d'Ivoire. Le lundi 14 septembre 2026, la capitale politique, Yamoussoukro, a accueilli l’ouverture d’un atelier stratégique de renforcement de capacités destiné aux Préfets de région. Cette initiative vise à vulgariser et appliquer rigoureusement les standards du Groupe d’Action Financière (GAFI) en matière de surveillance du secteur associatif.
Photo de famille (c)
Financé à hauteur de 4,95 millions d'euros par l'Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, cet événement s'inscrit dans le cadre du projet Soutien aux Activités d’Intégrité Financière en Côte d’Ivoire (SAIF-CI). Lancé en juillet 2024 pour une durée de trois ans, ce programme d'envergure accompagne l'État ivoirien dans la consolidation de son dispositif national de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC-FT).
Une course contre la montre face aux exigences du GAFI et du GIABA
Cette dynamique de formation s'inscrit dans un contexte de pressions internationales accrues pour la Côte d'Ivoire. Soumise aux évaluations mutuelles du GIABA (Groupe Intergouvernemental d'Action contre le Blanchiment d'Argent en Afrique de l'Ouest), l'instance régionale du GAFI, la Côte d'Ivoire doit impérativement corriger les défaillances stratégiques identifiées dans ses précédents rapports de conformité. Le pays fait face au défi de muscler son arsenal juridique et opérationnel pour éviter un placement durable sur la « liste grise » du GAFI, une situation qui fragiliserait l’attractivité de son système financier et augmenterait les coûts des transactions internationales.
Pour répondre à ces exigences, Abidjan multiplie les réformes structurelles sous la supervision du GIABA, en mettant un accent particulier sur l'effectivité des sanctions et la transparence des personnes morales. Le contrôle rigoureux des OBNL, souvent ciblées par la Recommandation 8 du GAFI comme des canaux potentiels de détournement de fonds à des fins terroristes, constitue une étape décisive. L'enjeu pour les autorités ivoiriennes est de démontrer patte blanche lors des prochains cycles d'évaluation afin d'attester de la pleine conformité de son économie aux standards mondiaux.
Un partenariat stratégique pour une approche fondée sur les risques
Organisées en étroite collaboration avec le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, ces sessions d'échanges réunissent le corps préfectoral ivoirien et les experts du Human Security Collective. L'objectif principal est de doter les autorités locales des outils nécessaires pour maîtriser l'origine du cadre ivoirien de supervision des OBNL, de clarifier le rôle de chaque acteur de la chaîne de contrôle et de déployer une approche rigoureuse fondée sur les risques.
Lors de l'ouverture des travaux, M. Benjamin Effoli, Directeur de Cabinet et représentant officiel du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, a tenu à préciser les contours de cette mission délicate. Selon lui, le défi majeur consiste à « combattre efficacement le financement du terrorisme sans réduire l'espace nécessaire à la liberté associative ».
En tout état de cause, cet atelier démontre la volonté commune de l'Union européenne et de la Côte d'Ivoire de sécuriser les flux financiers qui transitent par la société civile, souvent considérée comme vulnérable par les instances de régulation financière internationale. En alignant la supervision des administrations locales sur les exigences du GAFI, la Côte d'Ivoire renforce sa crédibilité sur la scène économique régionale et mondiale.
Ce projet témoigne également du déploiement de la stratégie Global Gateway de l'Union européenne, qui investit dans des partenariats durables pour promouvoir l'État de droit, la sécurité et la transparence des institutions.