La BEAC en tant que l’une des deux seules banques centrales régionales du continent africain et fort de son potentiel de six pays membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), à savoir le Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. En rejoignant le réseau, s'impose comme un point d’entrée stratégique en Afrique francophon pour ce système. En effet, avec l’intégration de la BEAC, le PAPSS connecte désormais 28 pays africains, 16 commutateurs de paiement (switchs), et rassemble plus de 190 banques commerciales et fintechs. Au-delà de ce périmètre direct, grâce à ses différents partenariats, le PAPSS permet également à ses utilisateurs d’effectuer des transferts d’argent vers plus de 250 institutions financières supplémentaires, élargissant encore son maillage opérationnel.
Une connectivité renforcée avec une région-carrefour
La participation de la BEAC consolide de manière notable la connectivité du PAPSS avec la zone CEMAC, une région qui compte plus de 72 millions d’habitants et qui constitue un véritable carrefour géographique entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Cette adhésion s’inscrit en parallèle de la phase pilote prévue avec la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dont le lancement est attendu au cours de l’année 2026. Dans cette dynamique, le PAPSS poursuit activement le déploiement d’une infrastructure de paiement unifiée, capable de relier toutes les régions d’Afrique au sein d’un réseau unique et intégré.
Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la BEAC et Président de l’ABCA (Association des Banques Centrales Africaines), a déclaré : « en rejoignant le PAPSS, la BEAC crée les conditions nécessaires à des paiements transfrontaliers plus rapides, plus abordables et plus efficaces entre les pays de la CEMAC et le reste de l’Afrique. Nous encourageons les banques commerciales et les institutions financières de nos États membres à saisir cette opportunité et à se tenir prêts pour participer à la plateforme. Le succès de l’intégration commerciale africaine dépendra non seulement des politiques et des infrastructures, mais aussi de la participation active du secteur financier. Le PAPSS fournit une solution pratique pour soutenir cette vision. »
Mike Ogbalu III, Directeur général du PAPSS, a pour sa part affirmé : « La participation de la BEAC au PAPSS représente une étape importante dans la promotion de l’intégration financière de l’Afrique. Nous félicitons son Excellence, le Gouverneur Yvon Sana Bangui, pour son leadership et son engagement, ainsi que toute l’équipe de la BEAC. Cette adhésion ouvre de nouveaux corridors commerciaux et de paiement entre l’Afrique centrale et le reste du continent, permettant des paiements transfrontaliers plus rapides, plus abordables et plus efficaces qui soutiendront le commerce et l’activité économique. »
Avantages du PAPSS
Conçu par Afreximbank, en partenariat avec l’Union africaine et le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le PAPSS permet des paiements transfrontaliers instantanés en monnaies africaines. Grâce à cette infrastructure, les fonds peuvent circuler sur les marchés africains en quelques secondes, sans dépendre de devises tierces (comme le dollar ou l’euro) ni d’intermédiaires externes. En réalité, les bénéfices devront être multiples. Pour les banques et les fintechs, le PAPSS offre la possibilité d’étendre leurs services au-delà des frontières nationales. Pour les entreprises, cela se traduit par des transactions plus rapides, une réduction significative des coûts et un meilleur accès aux marchés régionaux. Pour les particuliers, il s’agit d’un moyen plus efficace et plus abordable d’envoyer et de recevoir de l’argent à travers l’Afrique. De manière plus générale, ce système renforce la souveraineté financière du continent en permettant le traitement et le règlement des paiements directement en Afrique, sans recours à des circuits extérieurs.
En tout état de cause, le PAPSS s'est engagé à collaborer étroitement avec la BEAC d’ici la fin de l’année 2026 pour concrétiser l’opérationnalisation de cette adhésion. L’objectif est d’intégrer progressivement les établissements financiers de l’ensemble de la région CEMAC au système, et de faciliter le déploiement effectif des services du PAPSS auprès des entreprises et des particuliers de la sous-région.
Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) est une infrastructure centralisée des marchés financiers. Sa mission est de permettre la circulation efficace et sécurisée des fonds à travers les frontières africaines, tout en minimisant les risques et en contribuant à l’intégration financière des différentes régions. Indiquons également qu'à ce jour, le PAPSS a développé et lancé trois solutions de paiement distinctes : le Système de Paiement Instantané PAPSS (IPS), le PAPSS African Currency Marketplace (PACM) et la PAPSSCARD.
Pour tout dire, rappelons que c'est le 7 juillet 2019, lors du Douzième Sommet extraordinaire de l’Union africaine tenu à Niamey, en République du Niger, qu'Afreximbank et l’Union africaine ont annoncé pour la première fois le PAPSS et l’ont adopté comme un instrument clé pour la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange continental africain (ZLECAf). Que le 5 décembre 2020, lors de sa treizième session extraordinaire, l’Assemblée de l’Union africaine a chargé Afreximbank et le Secrétariat de la ZLECAf de finaliser, entre autres, les travaux relatifs au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) et que par la suite, la 35e session ordinaire de l’Assemblée de l’UA a demandé à la ZLECAf et à Afreximbank de déployer le système à l’échelle de l’ensemble du continent et enfin le 13 janvier 2022, le PAPSS a été officiellement et publiquement lancé à Accra, au Ghana, marquant son ouverture effective au public.