Examen au Sénat et perspectives
Le projet de loi relatif aux marchés financiers a été présenté et défendu au Sénat par le ministre Doudou Fwamba Likunde Li Botayi. Ce dernier a déclaré : « Il a fallu attendre 55 ans, à la faveur de l'impulsion du Chef de l'État et la Coordination avisée de Son Excellence Madame la Première Ministre, pour qu'un projet de loi soit élaboré et présenté aux représentants du peuple que vous êtes. » Il a ajouté que l'absence des marchés boursiers fait rater à l’économie congolaise autant d'opportunités de financement qui ne peuvent continuellement cautionner.
Le texte prévoit notamment l'organisation du marché boursier, l'encadrement des instruments financiers tels que les actions, les obligations et les contrats financiers, ainsi que la création d'une Autorité des marchés boursiers chargée de garantir la transparence, la crédibilité et la sécurité des opérations. À l'issue des débats, le projet de loi a été déclaré recevable à l'unanimité par les sénateurs, une avancée historique qui ouvre la voie à la création de la Bourse de Kinshasa et au renforcement de l'attractivité économique de la RDC.
Une avancée pour le marché financier congolais
La République démocratique du Congo franchit une étape décisive dans la construction de son marché financier. À Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li Botayi, a signé un accord de coopération avec la Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe Banque mondiale, en vue d’accompagner le développement de la future Bourse de Kinshasa. La cérémonie, qui s’est tenue au Centre financier de Kinshasa, a réuni les principaux acteurs institutionnels et financiers du pays, dont Malick Fall, directeur pays de la SFI.

Cet accord intervient à un moment charnière, alors que le projet de loi portant création de la Bourse de Kinshasa a déjà été adopté par l’Assemblée nationale et se trouve actuellement en examen au Sénat. Portée par la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, cette initiative vise à doter le pays d’un outil de financement structurant, en phase avec les ambitions de diversification économique et de mobilisation de l’épargne nationale. Attendue depuis près de 55 ans, cette réforme majeure constitue une étape déterminante dans la modernisation du système financier national.
L’engagement de la SFI et la dynamique régionale
Le programme de coopération avec la SFI s’articule autour de plusieurs axes stratégiques : le développement du cadre réglementaire, la mise en place des infrastructures de marché, le renforcement des capacités des acteurs financiers, le partage des connaissances, l’élargissement de la base des investisseurs ainsi que l’accompagnement des premières opérations boursières. Ce partenariat technique et financier permettra à la RDC de bénéficier de l’expertise internationale de la SFI, notamment en matière de gouvernance des marchés de capitaux et de sécurisation des transactions.
Au cours de son intervention, le ministre des Finances a insisté sur la nécessité d’adopter des mesures incitatives pour encourager les entreprises à recourir au marché boursier. Il a évoqué l’obligation, pour certaines grandes entreprises, de réaliser leurs opérations d’augmentation ou de cession de capital à travers la future bourse – une mesure destinée à renforcer la transparence et à canaliser l’épargne nationale vers des investissements productifs. Selon lui, cette réforme permettra également aux Congolais de devenir actionnaires d’entreprises opérant dans des secteurs stratégiques tels que les mines, les télécommunications ou les infrastructures.

De son côté, Malick Fall, directeur pays de la SFI, a réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir le développement des marchés de capitaux locaux, considérés comme des leviers essentiels pour mobiliser des financements à long terme et soutenir le secteur privé. Il a souligné que ce projet intervient à un moment crucial pour l’économie congolaise, alors que le pays cherche à diversifier ses sources de financement et à renforcer l’accès au capital pour les entreprises. La signature de cet accord s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, marquée par la volonté des États d’Afrique centrale de structurer leurs marchés financiers pour en faire des outils de transformation économique. La création de la Bourse de Kinshasa, si elle aboutit, pourrait offrir aux investisseurs un nouveau pôle d’attractivité et contribuer à l’intégration des marchés de capitaux au sein de la CEMAC et de l’espace OHADA.