CAMEROUN : La Société Immobilière du Cameroun (SIC) et la COSUMAF se penchent sur les Diaspora Bonds pour financer le logement


Par la Rédaction |


Le 8 juin 2026, le Directeur Général de la Société Immobilière du Cameroun (SIC), Dr Ahmadou SARDAOUNA, a reçu la Présidente de la COSUMAF pour une séance de travail consacrée au projet « Diaspora Bond ». Ce mécanisme innovant vise à mobiliser l’épargne des Camerounais de l’étranger via le marché financier pour financer la production massive de logements. La COSUMAF a salué l’initiative et marqué son accord de principe pour accompagner sa structuration.

SEANCE DE TRAVAIL ENTRE LA SIC ET LA COSUMAF (c) SIC

Le Directeur Général de la SIC, Dr Ahmadou SARDAOUNA a donc reçu dans ses bureaux la Présidente de la COSUMAF, l’autorité de régulation du marché financier de la CEMAC et l’ordre du jour était d’examiner les modalités de mise en œuvre d’une obligation de la diaspora destinée à mobiliser l’épargne des Camerounais établis à l’étranger. Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement d’un mémorandum d’entente signé entre la SIC et le Ministère des Relations Extérieures (MINREX), visant à renforcer l’implication de la diaspora dans le financement des projets structurants de l’entreprise. Il faut dire ici que le logement demeure l’un des défis majeurs du Cameroun, avec un déficit estimé à plusieurs millions d’unités et cette situation place face à l'urgence, la Société Immobilière du Cameroun (SIC) qui explore de nouvelles voies de financement. 

DIASPORA BOND, UN MÉCANISME INNOVANT

Le projet porté par la SIC ambitionne de mobiliser l’épargne des Camerounais de l’étranger via une émission obligataire dédiée. Les fonds ainsi collectés seraient exclusivement affectés à la production massive de logements sur l’ensemble du territoire national. L’objectif final est de contribuer à la réduction du déficit de logements, estimé à plusieurs millions d’unités. Ce programme s’inscrit dans la Vision 2040 de la SIC, qui prévoit une transformation profonde de l’entreprise en vue de répondre aux besoins croissants d’habitat.

Séduite par cette démarche novatrice, la Présidente de la COSUMAF a salué la vision stratégique du Directeur Général de la SIC ainsi que les réformes engagées au sein de la société depuis 2019. Elle a souligné le caractère pionnier de ce projet dans l’espace CEMAC. À l’issue des échanges, elle a exprimé l’intérêt de son institution pour ce mécanisme et marqué son accord de principe pour accompagner sa structuration juridique, financière et réglementaire.

À l’issue de la séance de travail, les deux parties ont convenu d’élaborer une feuille de route commune. Ce document devra préciser les modalités techniques et juridiques de l’émission obligataire, définir le rôle de chaque partie prenante (SIC, COSUMAF, MINREX, et autres partenaires), et fixer le calendrier de mise en œuvre du projet pilote.

UN LEVIER POUR LE FINANCEMENT DURABLE DE L’HABITAT

Le recours au marché financier pour mobiliser l’épargne de la diaspora constitue une première dans la zone CEMAC. S’il aboutit, le Diaspora Bond pourrait établir un précédent et inspirer d’autres projets structurants sur le continent. Pour la SIC, c’est l’opportunité de diversifier ses sources de financement au-delà des canaux bancaires classiques, d’accélérer la production de logements à coût maîtrisé, et de renforcer son rôle d’opérateur majeur de l’habitat social et intermédiaire. Pour la COSUMAF, c’est l’occasion de démontrer la capacité du marché financier régional à financer des projets d’intérêt général, tout en protégeant les épargnants.

Les prochains mois devraient voir la finalisation de la feuille de route commune, la réalisation d’une étude de structuration juridique et financière de l’obligation, des consultations avec la diaspora et les investisseurs institutionnels, et enfin, une éventuelle émission pilote avant un déploiement à plus grande échelle.

La rencontre du 8 juin 2026 entre la SIC et la COSUMAF marque une étape décisive dans la concrétisation du projet Diaspora Bond. Ce mécanisme innovant, soutenu par le MINREX et désormais accompagné par le régulateur du marché financier, pourrait offrir une solution durable au déficit de logements au Cameroun tout en mobilisant l’épargne de la diaspora. Reste désormais à transformer l’accord de principe en une feuille de route opérationnelle.