La Commission Nationale Consultative sur le Gel Administratif (CNCGA) monte en connaissance. Pendant trois jours, ses membres ont été immergés dans les arcanes des sanctions financières internationales à l'occasion d'un atelier de haut niveau clôturé hier dans la capitale. Une immersion rendue possible grâce à l'expertise du Fonds Monétaire International (FMI), dépêché à Yaoundé dans le cadre d'une mission d'assistance technique.
L'enjeu de cette session de formation était de taille : doter le Cameroun d'un mécanisme irréprochable de gel des avoirs, condition sine qua none pour être radié de la « liste grise » du Groupe d'action financière (GAFI). Depuis l'évaluation de son dispositif national, le pays s'emploie à corriger ses faiblesses, notamment sur la recommandation n°6 relative aux sanctions financières ciblées.
Prenant la parole à l'ouverture des travaux, Benoît Placide Mevoua, président de la CNCGA, a contextualisé la démarche : « Le constat était clair : notre pays était pointé du doigt pour sa non-conformité sur un volet essentiel de la lutte contre les flux illicites. Nous avons donc élaboré un plan d'action correctif. La tenue de cet atelier répond précisément à l'exigence du GAFI de démontrer notre capacité à mettre en œuvre de manière efficace les sanctions contre le financement du terrorisme et de la prolifération. »
Les travaux ont permis aux participants d'explorer en profondeur les modalités pratiques de cette mise en œuvre. Désignation des autorités compétentes, procédures d'inscription et de radiation des listes, ou encore mécanismes de gel des avoirs en temps réel : autant de chantiers techniques sur lesquels les membres de la Commission ont pu échanger avec les experts du FMI.
Au-delà de la formation, cet atelier a également mis en lumière les progrès déjà accomplis par le Cameroun et ses partenaires de la Cemac. L'institutionnalisation des Commissions nationales consultatives dans chaque État membre et l'installation opérationnelle de leurs membres constituent des avancées majeures. Ces structures sont désormais les fers de lance de la transposition des résolutions des Nations unies en matière de sécurité financière.
À l'issue de ces trois jours de travaux, l'optimisme était de mise. La CNCGA dispose désormais d'outils plus affûtés pour garantir une application rigoureuse des sanctions. Un pas de plus vers la sortie du tunnel de la « liste grise » et un signal fort envoyé aux partenaires internationaux sur l'engagement du Cameroun à assainir son environnement financier.