Cameroun : des progrès reconnus mais des délais dépassés
Depuis juin 2023, date à laquelle le Cameroun a pris un engagement politique de haut niveau pour collaborer avec le GAFI et le GABAC afin de renforcer l'efficacité de son dispositif LBC/FT, le pays a pris des mesures pour l'améliorer. Il a notamment démontré une augmentation de la diffusion de rapports de renseignement pour soutenir les besoins opérationnels des autorités compétentes et a donné la priorité à la saisie et à la confiscation des avoirs aux frontières.
Le Cameroun devrait continuer à travailler à la mise en œuvre de son plan d'action du GAFI pour remédier à ses carences stratégiques, notamment en : (1) renforçant la supervision des banques basée sur les risques et en mettant en œuvre une supervision efficace basée sur les risques pour les IF (institutions financières) non bancaires et les EPNFD (entreprises et professions non financières désignées), et en menant des actions de sensibilisation appropriées auprès des IF et EPNFD à haut risque ; (2) améliorant l'échange sécurisé d'informations entre la CRF (Cellule de renseignement financier), les entités déclarantes et les autorités compétentes ; (3) mettant en œuvre des politiques et des procédures pour saisir et confisquer les produits et instruments de la criminalité, et pour gérer les biens gelés, saisis et confisqués ; (4) démontrant la mise en œuvre efficace des régimes de sanctions financières ciblées (SFC) liés au financement du terrorisme et à la prolifération (FT et FP), et en mettant en œuvre une approche basée sur les risques pour les OBNL (organisations à but non lucratif) sans perturber leurs activités légitimes. Le GAFI note les progrès continus du Cameroun dans l'exécution de son plan d'action ; cependant, tous les délais sont désormais expirés et il reste du travail à accomplir. Le GAFI encourage le Cameroun à continuer de mettre en œuvre son plan d'action pour remédier aux carences stratégiques susmentionnées dans les plus brefs délais.
Côte d’Ivoire et RDC sur la voie de la sortie ?
En octobre 2024, la Côte d'Ivoire a pris un engagement politique de haut niveau pour collaborer avec le GAFI et le GIABA afin de renforcer l'efficacité de son dispositif LBC/FT. Lors de sa plénière de juin 2026, le GAFI a établi la conclusion initiale selon laquelle la Côte d'Ivoire a substantiellement achevé son plan d'action et justifie une évaluation sur place pour vérifier que la mise en œuvre des réformes LBC/FT a commencé, qu'elle est soutenue, et que l'engagement politique nécessaire reste en place pour pérenniser cette mise en œuvre à l'avenir.
La Côte d'Ivoire a mené les réformes suivantes : (1) renforcement du recours à la coopération internationale dans les enquêtes et poursuites en matière de BC/FT ; (2) amélioration de la mise en œuvre de la supervision basée sur les risques des institutions financières et des entreprises et professions non financières désignées, ainsi que la réalisation de campagnes de sensibilisation pour améliorer la conformité ; (3) amélioration de la vérification et de l'accès aux informations sur la propriété de base et effective des personnes morales, et application de sanctions en cas de violation ; (4) renforcement de l'utilisation du renseignement financier par les services répressifs et amélioration des diffusions par la CRF ; (5) démonstration d'une augmentation soutenue du nombre d'enquêtes et de poursuites pour BC et FT de différents types, conformément au profil de risque du pays ; et (6) renforcement du cadre des sanctions financières ciblées.
La République démocratique du Congo, qui a pris son engagement en octobre 2022 avec le GAFI et le GABAC, se trouve dans une situation similaire. Le GAFI a également jugé que la RDC a globalement finalisé son plan d’action et mérite une évaluation sur place. Les réformes entreprises comprennent la finalisation de l’évaluation nationale des risques, la désignation d’autorités de contrôle pour les professions non financières, le renforcement des capacités de la cellule de renseignement financier, et la mise en œuvre des sanctions financières ciblées. Compte tenu de la situation sanitaire actuelle, le GAFI surveillera l’évolution pour garantir la sécurité de toute mission d’évaluation.
Un calendrier 2026 rythmé par trois plénières
Le GAFI a tenu sa session de février 2026 à Mexico, marquée par l’élection de Giles Thomson (Royaume-Uni) à la future présidence. La plénière de juin à Paris a abouti à l’intégration de la Bosnie-Herzégovine et de l’Irak sur la liste grise. La prochaine rencontre est programmée du 26 au 30 octobre 2026. D’ici là, les trois pays africains devront poursuivre leurs efforts pour convaincre le GAFI de les retirer de la surveillance renforcée, ou à tout le moins de valider la durabilité de leurs réformes.