La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) fait face à une double contrainte financière. Au 30 septembre 2026, les arriérés des États atteignent 3,5 milliards de FCFA, fragilisant sa trésorerie et parallèlement, le retard observé dans la création du Dépositaire central unique de la CEMAC (DCU-CEMAC) maintient immobilisés 2,080 milliards de FCFA destinés à la participation de la Bourse au capital de cette future structure. Ce sont ces deux sujets qui ont été examinés par le Conseil d’administration lors de sa session du 26 octobre 2026.
Des impayés des Etats
Dans son communiqué, le Conseil se dit « particulièrement préoccupé » par ces difficultés, présentées comme affectant l’équilibre financier de l’entreprise de marché. L’accumulation des arriérés des États constitue le premier point d’alerte à savoir que leur montant cumulé atteint 3,5 milliards de FCFA à la fin du troisième trimestre 2026. Le Conseil souligne que cette situation fragilise la trésorerie de la Bourse régionale.
Le document ne précise toutefois ni la répartition de ces impayés entre les États concernés, ni leur ancienneté, ni un calendrier de règlement. Le constat porte donc sur une créance globale dont le recouvrement constitue un enjeu pour la situation financière de la BVMAC.
Le retard du DCU bloquant 2,080 milliards de FCFA
À ces impayés s’ajoute une seconde difficulté tenant de la lenteur du projet de création du Dépositaire central unique. Selon le communiqué, la BVMAC a sanctuarisé 2,080 milliards de FCFA depuis juin 2025, dans l’attente de la libération de sa quote-part au capital social de l’entité à créer.
Cette somme réservée représente une contrainte distincte des arriérés des États : il ne s’agit pas d’une créance supplémentaire à recouvrer, mais de fonds immobilisés pour un projet dont la concrétisation tarde. Le Conseil chiffre à dix millions de FCFA par mois le manque à gagner engendré par cette situation.
Le retard du DCU a donc une incidence financière directe pour la Bourse, au-delà du calendrier de création de la nouvelle structure. Le communiqué ne précise cependant ni les causes de ce retard, ni les étapes restant à franchir, ni une date prévisionnelle de mise en place
Des démarches urgentes demandées
Face à ces deux difficultés, le Conseil d’administration a mandaté son président et la Direction générale pour engager des « diligences urgentes » auprès des instances communautaires compétentes, afin d’obtenir un dénouement heureux des deux dossiers.
L’enjeu est double pour la BVMAC qui doit obtenir le règlement des sommes dues par les États et sortir de l’attente liée à la constitution du DCU-CEMAC. Le communiqué ne fixe pas d’échéance à ces démarches, mais le caractère urgent du mandat traduit la préoccupation du Conseil devant leurs conséquences sur l’équilibre financier de la place boursière régionale.