BRVM : Les diaspora bonds du Trésor burkinabè entrent en Bourse le 3 septembre après une sursouscription de 121,2 %


Par Daniel EBOGO | 


Le Trésor public du Burkina Faso envisage que ses deux emprunts obligataires « TPBF DIASPORA BONDS 6,75 % 2026-2031 » et « TPBF DIASPORA BONDS 6,85 % 2026-2033 » soient admis à la première cotation sur le compartiment des obligations de la BRVM le jeudi 3 septembre 2026. En réalité, cette opération intervient après une souscription massive qui a permis de lever 151,5 milliards de FCFA, soit 121,2 % de l’objectif initial de 125 milliards de FCFA.

Lancée du 6 mai au 6 juin 2026, l’opération a séduit les investisseurs avec un prix unitaire de 10 000 FCFA par obligation. À l’issue de la période de souscription, 6 343 190 obligations de la tranche à 6,75 % sur 5 ans et 8 806 810 obligations de la tranche à 6,85 % sur 7 ans ont été placées sur le Marché Financier Régional de l’UEMOA. Le dépassement de près de 21 % par rapport à l’objectif témoigne de l’appétit des investisseurs, notamment de la diaspora burkinabè, pour cet instrument alliant rendement et contribution au développement national.

Des caractéristiques attractives

Les deux emprunts offrent des taux d’intérêt annuels de 6,75 % et 6,85 %, totalement exonérés d’impôts, avec des maturités respectives de 5 et 7 ans. Les ressources mobilisées doivent financer des projets structurants dans les domaines des infrastructures, de l’industrie, de l’agriculture, de l’eau et du logement. Les titres sont éligibles aux guichets de refinancement de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

La première cotation se fera selon la procédure ordinaire, avec un cours de référence fixé à 10 000 FCFA. Le premier cours de négociation sera déterminé par la confrontation des ordres d’achat et de vente. Les symboles retenus sont TPBF.O26 pour l’emprunt 6,75 % et TPBF.O27 pour l’emprunt 6,85 %. Le consortium de Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI) composé de SBIF et Oragroup Securities est responsable de l’introduction en Bourse.

Cette opération, première du genre dédiée à la diaspora burkinabè, s’inscrit dans une stratégie plus large de mobilisation de 240 milliards de FCFA sur la période 2026-2027 via les « Diaspora Bonds ». Elle marque une étape importante dans la diversification des sources de financement de l’État burkinabè.

Rappel des mécanismes 

Une garantie souveraine et un mécanisme de paiement ont été prévus pour sécuriser cette opération. En effet, le premier gage de sécurité pour les souscripteurs est la garantie souveraine de l’État du Burkina Faso. Cela en fait des créances de première catégorie sur la signature de l’État. Concrètement, pour assurer la fluidité des remboursements, un mécanisme de paiement dédié a été mis en place qui veut que, à chaque échéance, le Trésor public demande à la BCEAO de débiter son compte du montant dû. Les fonds sont ensuite mis à la disposition du Dépositaire Central/Banque de Règlement (DC/BR), qui procède au règlement aux différents détenteurs de titres via les Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI). Ce circuit court garantit aux obligataires une exécution ponctuelle et transparente des flux financiers.

En outre, une notation « BBB » perspective stable a été émise pour rassurer les investisseurs. En effet, bien que cette émission spécifique n’ait pas fait l’objet d’une notation financière particulière, la qualité de crédit de l’émetteur est solidement établie selon l’agence de notation Bloomfield Investment qui a attribué, dans une évaluation publiée en 2025, la note BBB en monnaie locale, assortie d’une perspective stable. Il faut dire que ce rating, situé dans la catégorie « investment grade », confère aux obligations une reconnaissance officielle de leur bon niveau de solvabilité et rassure les investisseurs quant à la capacité du Trésor à honorer ses engagements sur les maturités de 5 et 7 ans.

Enfin, il faut indiquer qu'une liquidité est annoncée grâce aux guichets de la BCEAO induisant que ces obligations bénéficient de l’admissibilité aux guichets de refinancement de la BCEAO, dans les conditions fixées par le Comité de Politique Monétaire. En clair, cette éligibilité permet aux détenteurs, en particulier les banques et les SGI, d’utiliser ces titres comme collatéral pour obtenir des liquidités auprès de la Banque Centrale et donc cela devra améliorer considérablement la liquidité secondaire des obligations et facilite les arbitrages sur le marché régional.