Sous les regards croisés de M. Kossi Tenou, président de l’AMF-UMOA, et de Mme Jacqueline ADIABA-NKEMBE, présidente de la COSUMAF, cette rencontre inaugurale a scellé la naissance d’un cadre permanent de dialogue. Une sorte de comité de la finance régionale, qui ne se contentera pas de surveiller les marchés, mais qui entend les faire grandir, les sécuriser et les connecter. En réalité, il ne s’agissait pas de partir de zéro car c'est depuis 2013, qu'existe une convention de coopération et d’échange d’informations entre les deux institutions. Cependant treize ans plus tard, le paysage financier a changé de visage avec l’innovation technologique qui bouscule les codes, les produits dérivés et les obligations vertes et la finance durable qui font leur chemin, et la cybersécurité est devenue un sujet sérieux.
Des travaux concrets pour des marchés plus intégrés
Les échanges, menés à huis clos mais dont les grandes lignes ont filtré, ont porté sur des sujets très opérationnels : réformes en cours, pratiques de supervision, mais aussi et surtout, comment faire de nos places boursières des moteurs de financement de l’économie réelle. Car derrière les chiffres et les normes, il y a des PME qui cherchent des capitaux, des États qui émettent de la dette, et des épargnants qui veulent placer leur argent en confiance.

L’ambition affichée est double : renforcer l’intégrité des marchés (lutte contre les fraudes, transparence) et accroître leur résilience face aux chocs externes (inflation, instabilité des changes, crises sanitaires ou géopolitiques). Les deux présidents ont également évoqué la nécessité d’harmoniser certaines règles, sans pour autant brider les spécificités de chaque zone.
Un partenariat stratégique, pas une simple formalité
Au-delà des discours convenus, cette première rencontre annuelle a valeur de symbole. Elle marque la volonté commune de transformer une convention vieille de treize ans en un partenariat stratégique vivant, rythmé par des échanges réguliers et des groupes de travail conjoints.
Si la première édition s’est tenue à Abidjan, la prochaine aura lieu dans la zone CEMAC, en alternance pour bien marquer l’équilibre entre les deux espaces monétaires. En attendant, les équipes techniques ont déjà du pain sur la planche : feuille de route, calendrier des actions prioritaires, et premiers chantiers sur la supervision cross frontalière.
En tout état de cause, la finance africaine ne sera plus jamais la même. Et cette rencontre, sobrement intitulée « première annuelle », pourrait bien être le point de départ d’une intégration boursière à l’échelle du continent. Comme un premier pas vers ce fameux marché financier unifié africain dont on parle tant, mais qui peine à voir le jour. Cette fois, les régulateurs ont pris les devants. Et c’est peut-être la meilleure nouvelle du jour.